Alexandre : Que penser des orthophonistes qui se refusent d’envisager le bégaiement comme trouble neurologique pour éviter que la personne bègue soit dans la fatalité de manière à ce qu’elle reste dans l’action devant son bégaiement ?

Marie-Claude : Cela me rappelle de manière navrante un praticien qui n’avait pas dit à un patient qu’il était atteint de la maladie de Parkinson pour ne pas qu’il déprime ! (histoire vécue..). Or ça se soigne le Parkinson…quelle perte de chances pour le patient.

Cela s’appelle de la rétention d’information, et c’est une atteinte à la dignité de la personne. Au lieu de vivre «contre», on vit «avec», et d’autant mieux qu’on regarde les choses en face et qu’on les accepte. Et l’orthophoniste peut être un excellent accompagnant, un guide et un phare. Et nos patients ont «vocation» (j’aime ce mot dans ce contexte) à voler de leurs propres ailes un jour – et nous quitter. C’est ainsi.